L'ignorance de Haruhi Suzumiya

De Yukipédia de Haruhi.fr
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CHAPITRE I


Enfin une soirée au calme, pensais-je. Voilà une semaine que Haruhi me traîne d'un bout à l'autre de la ville chaque soir pour m'emmener avec la brigade SOS, à la recherche de sa nouvelle lubie. Je n'ai pas envie de rentrer plus dans les détails. Je ne le ferais pas d'ailleurs. C'est la golden week, bon sang ! Pourquoi ai-je dû gâcher mon précieux temps de cette façon ?! Mais le mal est fait, et je ne peux pas revenir en arrière. Quoique... non, Mikuru n'appréciera sûrement pas si le lui demande de me faire remonter le temps juste pour avoir une semaine de glandage intensif.

-Kyon, à table !

Voilà ma mère qui se remet à faire des vocalises. Je déteste cette habitude de crier sur les gens quand ils sont à cinq mètres devant vous. A force de faire de la plongée dans mes pensées, je n'ai pas vu le temps passer. Je saute de mon lit, et me voilà en moins de deux en train de me bâfrer de riz. Une image de terre dévastée attire mon visage vers la télévision.

« Ce matin, à 12h30 heure locale, une météorite de la taille d'une voiture s'est écrasé sur la ville de Nantes, en France. Les astrologues déclarent qu'elle est constituée d'un minerai inconnu de l'homme, ce qui explique le manque d'anticipation de la part de l'état. Seul un jeune homme de 17 ans est porté disparu. Les recherches se poursuivent dans les décombres du lycée frappé par l'objet volant encore non identifié. Les dégâts s'élèvent à... »

J'ai cessé d'écouter les commentaires de la présentatrice à partir de ce moment là pour me concentrer sur le visage du garçon disparut qui venait de s'afficher sur l'écran. Un sacré mastodonte. Il avait un visage assez large, des cheveux plus longs que courts et plaqués en arrière, des sourcils très épais et une barbe de 3-4 jours. Très large d'épaule et un peu enveloppé, si il était du genre à distribuer des coups de boule, je n'aimerai pas croiser sa route. On lui donne facilement plus de 20 ans. Passé ce fait divers qui semble m'avoir profondément marqué, j'entends d'une oreille distraite mes parents me dirent qu'ils emmènent ma sœur chez une amie, et qu'ils seront de retour d'ici une demi-heure. Victoire ! A moi les joies du divan pour moi seul ! Évidemment, ce n’est pas demain la veille que je serais tranquille : à peine 5 minutes après le départ de ma famille que l'on sonne à la porte.

-J'arrive ! Grommelai-je, mécontent de devoir me relever.

Sur le coup, je n'ai pas compris ce qui s'est passé. J'ai ouvert la porte, et la personne qui se tenait devant moi, eh bien, c'était... moi. Non, vous avez bien lu, je faisais face à moi même. J'ai eu peur, et j'ai eu encore plus peur quand j'ai vu que mon double tenait une énorme cisaille dans sa main droite. Mon cerveau s'est remis en marche cinq secondes plus tard, pour me laisser dire :

«-Que...

-Kyon, c'est bien ça ? Je suis navré de ce qui va suivre, mais tu vas devoir me servir pendant un petit moment...

Un sourire parcouru son visage, ou plutôt mon visage. Il leva les cisailles (mais il ne va pas me planter quand même ?!) et les dirigea droit vers ma tête. Je sentis une énorme douleur, puis plus rien.



CHAPITRE II



Une semaine auparavant

Ce que je déteste chez Haruhi, c'est sa façon de m'utiliser comme un objet. Lorsque l'on est camarade de classe, on montre au moins un minimum de respect envers son prochain. Mais il semblerait que Haruhi échappe aux règles de savoir vivre. Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle battait ses parents ou qu'elle mettait le feu à la télévision si son programme favori était annulé. C'est comme sa manière de m'interr...

« Kyon ! Écoute-moi bien ! Me susurra à l'oreille Haruhi, décidé à légitimer mes précédentes convictions, «À la pause du midi, suis-moi au fond du couloir !»

- Son altesse royale aurait elle l'amabilité de me donner ses raisons ?

Ne pose pas de questions idiotes ! Et fais ce que je te dis ! C'est tout ! »

Toujours aussi aimable. Un coup d'œil à ma montre m'indique qu'il me reste une demi-heure avant la sonnerie. De quoi prendre des forces avant le tête à tête avec Dieu. Bien sur, « prendre des forces » est chez moi synonyme de « s'affaler sur son bureau et ne rien faire ». Le funeste ding-dong me sort de ma torpeur, et à peine eussé-je le temps de réaliser ce qui se passe que Haruhi m'attrape le bras. De sa force prodigieuse, elle me traîne à l'endroit prévu. J'ouvre le bal :

« Bon, qu'est ce que tu me veux ?

-Fais passer le message à tous les membres de la brigade SOS ! Réunion après les cours dans nôtre salle !

-... C'est tout ?

-C'est tout ! Et n'oublie pas, ou tu le sentiras passer cette fois !! (parce que d'habitude on ne le sent pas passer ?)

-Tu nous obliges déjà à nous y rendre tout les soirs, je ne vois pas pourquoi aujourd'hui ferait exceptions à la règle.

-Je veux être sur que tout le monde sera présent ! Je repars, j'ai plein de choses à faire ! »

A peine sa phrase terminée qu'elle remet ses réacteurs en marche, me laissant seul. Prévenir tout les membres de la brigade ? Deux textos pour Mikuru et Koizumi m'éviteront bien des déplacements. Quand à Nagato, je veux bien m'ouvrir la gorge à mains nues si elle n'est pas dans la salle ce soir.


Tel Michael Jackson au sommet de sa gloire, le reste de la journée finit en moonwalk. Comprenez par là que lorsque je pensais être arrivé au bout, je n'étais encore qu'au début. Comme une boucle sans fin. N'allez pas croire que cette comparaison minable aie été faite en pleine possession de mes moyens. Je suis tellement fatigué que je n'ai plus la force de produire une réflexion censée. Mais vu l'acharnement qu'a mis Haruhi à insister sur la présence de tout les membres, elle me massacrerait à coup de batte si je ne venais pas. Alors me voilà en face du local de la brigade. La voix de Mikuru indique que je peux entrer.

« Bon... Bonjour Kyon ! S'exclama-t-elle, ne se retenant pas pour rougir. Elle avait déjà enfilé son costume de serveuse qui lui va à ravir.

-Alors Kyon, quoi de nouveau ? M'interrogea Koizumi, toujours avec son petit sourire en coin.

-Rien de bien nouveau. »

Nagato, fidèle à elle même, lisait un livre à sa place habituelle. Même pas un regard vers moi. Charmant. Cependant, je remarquais que son visage n'était pas le même que celui que d'habitude. Il était très très légèrement crispé. Bien sûr un humain quelconque ne l'aurait pas remarqué, mais tant de temps passé avec un extra terrestre vous donne de drôle d'habitude. Nôtre ouragan national me sortit de mes pensés :


-Bonsoir tout le monde ! Réunion extraordinaire ! (ça tu peux le dire...)

Elle s'installa à son poste avant de reprendre la parole :

-Il y a deux semaines, je suis tombé sur un vieux livre allemand dans la bibliothèque de l'école. Il parlait d'un homme qui après avoir vu son double une semaine auparavant meurs. Ça m'a intrigué, j'ai fais alors quelques recherches sur les doubles. Et finalement, j'ai trouvé qu’on les appelait les Dopplegänger ! Franchement, qui n'a jamais cru voir son double pendant une seconde au coin d'une rue ?! Je suis sur que les Dopplegänger existent, et je vais révéler leur existences au monde entier ! C'est pour ça que je vous ai fait réunir, pour vous annoncer que tout les soirs à partir de demain, et pour toute la golden week, nous partirons à leur recherches dans toute la ville ! Aucune excuse ne sera acceptée ! Sur ce, à demain tout le monde !

Et la revoilà qui file, plus rapide que la lumière.

Oh, le vilain blanc qui s'installe dans la salle. Évidemment, après une prestation de cette qualité, le public a de quoi rester sans voix. Si l'on devait introduire Haruhi à un inconnu, ce monologue suffirait à résumer toute ses qualités.

-Eh bien, je suppose que l'on ne peut rien y faire...conclut Mikuru, tout en regardant ses chaussures d'un air triste.

-Autant stopper une épée à mains nues, commenta Koizumi. Mieux vaut suivre ses directives, on ne sait pas ce qui pourrait se passer si on la contrariait à nouveau.

Les deux fantastiques plièrent bagages avant de lever les voiles. Un signe de main de Koizumi, un sourire de Mikuru, et me voilà seul avec Nagato.

« -Eh bien, je vais aussi...

-Attends. Je dois te parler.

-A propos de quoi?

-Les entités pensantes de données compilées ont détecté un maelström d'informations en inadéquations avec leurs bases de renseignements actuelles et à venir. Le lieu de l'anomalie se situe à approximativement 9982 kilomètres vers l'est. Il se peut qu'il soit de nature agressive, je te prie donc de rester prudent. Sa présence est sûrement liée à Haruhi.

-Merci de me prévenir... Il faut vraiment que j'y aille maintenant... » insistais-je, en faisant une grimace signifiant l'incompréhension et l'exaspération.

Je sortis de la salle, suivis par le regard de Nagato qui disparut derrière la porte. D'après ce que j'ai compris de son discours, il y a un gros machin très loin d'ici qui n'est pas supposé être là. Encore la faute à Haruhi il semblerait. Mais là n'est plus la question. Ce qui importe maintenant, c'est savoir ce que je vais faire pendant la golden week. Avant même de me poser la question, j'ai déjà la réponse en tête : rien. Ce programme plus que chargé me permettra de récupérer des élucubrations de Haruhi et Nagato. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi elle m'a raconté son histoire sur ce truc venu d'ailleurs. Quel est le rapport avec moi ? Aucun ? Parfaitement. C'est pas demain la veille qu'un E.T. me sautera dessus.



CHAPITRE III



Du noir. Beaucoup de noir. Puis un filet de lumière, puis deux, et ainsi de suite. J'émerge lentement des profondeurs. Un mal de crane me réveille totalement. Je suis dans le salon. Tout me revient en tête : la sonnerie, mon double, les cisailles et le sourire sur son visage. Visiblement, je n'ai aucun trou dans la tête. Tout cela n'était t'il qu'un rêve ?! Après les géants bleus, je suis garni il semblerait. Un détail, non pas des moindres pourtant, attire mon regard : à l'entrée sont allongés trois corps. Mon sang se glace. A peine ai-je eu le temps de faire un mouvement qu’une silhouette se met sur mon chemin. Je la reconnais bien, c'est la mienne.

-Ne t'inquiète pas, ils sont juste endormis. Ce serait gênant qu'ils entendent notre conversation...

-Qui...qui est tu ?!

-Moi ?! Je suis toi, ça ne se voit pas?! Et ne soit pas si tendus, je n'ai pas l'intention de te manger ! S’exclama-t-il. Bizarrement, son ton me rassura légèrement. Il était rieur, comme si il parlait à un vieil ami. Mais les cisailles qu'il tenait toujours m’empêchaient de me calmer totalement.

-Désolé pour le coup sur la tête, mais tu aurais probablement refusé de m'écouter si je n'avais pas employé la manière forte, continua t'il. (et comment suis-je supposé te faire confiance ?! Tu m'assommes, tu endors ma famille, et tu déblatère n'importe quoi !)

Je restais sur la réserve, ne sachant que faire. Je n'étais pas vraiment d'humeur à blaguer, probablement à cause du psychopathe qui se tenait devant moi. Pour le moment, une seule option se présentait à moi : écouter, tout en cherchant des yeux une arme pour me défendre. Dès qu'il sera embarqué dans son discours, je l'attaquerais.

-Commençons par le commencement. Je vais te montrer ma véritable apparence.

Un grand flash m'éblouit, et quand j'eus retrouvé la vue, une autre personne se tenait devant moi. Je le reconnus aussitôt : c'était le garçon qui avait disparu dans l'accident de la météorite en France. La même coiffure, la même carrure, les mêmes traits de visage, aucun doute. Je devais tirer une tête assez drôle, un mélange d'yeux écarquillés et de bouche grand ouverte. Un sourire parcourait son visage, qui lui donnait un air chaleureux.

-Comme tu peux le voir, je suis capable de changer d'apparence à volonté. D'où ma véritable identité : je suis un Dopplegänger.

Un seul mot me parvient à la tête : merde. Pas encore des histoires de monstres et compagnies. Une grande lassitude s'empara de moi. Néanmoins, le souvenir d'Asakura me fit garder les pieds sur terre. Mieux vaut rester prudent.

-Je n'ai pris conscience de ma condition que ce matin, lorsque je me suis fais tuer par cette météorite. Au lieu d'aller au paradis ou je ne sais où, j'ai soudainement pris conscience de mes pouvoirs. Je peux changer d'apparence à volonté, et tuer toute personne m'ayant vu lorsque je revêts son apparence. (Je savais que je n'aurais jamais dû adresser la parole à Haruhi...). Mais ne t'inquiète pas, je n'userais pas de ce pouvoir. Du moins tant que tu coopère avec moi, Ironisa t'il. Toujours est-il que je n'ai pas abordé la raison de ma venue. Lorsque je me suis « transformé », j'ai aussitôt compris comment fonctionnait mes pouvoirs, sans savoir comment ni pourquoi. Par contre, une conviction sortis de je ne sais où est gravé dans mon cœur. « Trouve Haruhi Suzumiya ». Je savais aussi où la trouver. Et je savais aussi où te trouver. Une autre conviction était inscrite en moi : « Kyon t'aidera ». De même, je savais ton lieu d'habitat. J'ai alors forgé un plan dans ma tête. Je vais prendre ta place dans ton lycée, et rencontrer Haruhi Suzumiya.

-Attend, pourquoi veux-tu absolument la rencontrer ?! Et pourquoi tout le monde gravite autour d'elle ?! Ça m'énerve !

-Je te l'ai dis, je n'en sais rien.

-Et pourquoi devrais-je te laisser ma place ? Rien ne m'y oblige.

Il leva les cisailles d'un air joyeux. Que faire devant tant d'argumentation ?!

-Du moment que tu coopère, aucun mal ne sera fait. Je te garantie qui si tu avais plus confiance en moi, tu me trouverais beaucoup plus sympathique ! (si tu ne manipulais pas aussi bien les cisailles, je serais sûrement beaucoup plus à l'écoute).Sur ce, je vais m'en aller. Je reviendrais demain, sous une autre apparence pour aller au lycée avec toi. Ta famille devrait se réveiller d'ici une dizaine de minutes. Je te souhaite une bonne soirée, et... pas de bêtise...

Le ton sur lequel il avait parlé aurait glacé même le plus bouillant des cœurs. Comment espère t'il que je lui fasse confiance avec un tel état d'esprit ?! Je soupirai, avant de lui demander une dernière chose :

-Quel est ton prénom ?

Il se mit en route vers la porte, l'ouvrit, et une fois dehors se tourna vers moi :


-Je suis officiellement mort, mon nom n'a donc plus d'importance.

Et il s'enfuit, tel un cavalier qui surgit hors de la nuit, courant vers l'aventure au galop. Je n'ai pas la force de réfléchir. J'attends que mes parents et ma sœur se réveille. Ils ne se souviennent de rien, encore moins de l'amie chez laquelle ma sœur devait dormir. Encore un subterfuge de l'autre schizophrène de l'apparence. Je m'assure de la bonne santé de tout le monde et je vais me coucher, fatigué à en mourir. Demain est un autre jour.



CHAPITRE IV



La nuit fut courte. Me voilà sur le seuil de ma maison, avec le français qui me sourit de l'autre coté de la route. Je traverse moi même.

-Bien le bonjour, Kyon ! Assez matinal, à ce que je vois.

-On ne peut pas dire que j'ai passé une bonne nuit...(et c'est probablement de ta faute, si je ne m'abuse ?)

Nous commençâmes à marcher vers le lycée.

-Dis moi, tu veut rencontrer Haruhi, mais comment comptes tu y parvenir ? Questionnai-je.

-Le moment est bienvenu pour exposer mon plan, je suppose. Voilà comment nous allons procéder (comment ça « nous » ?!) : Tu vas rentrer dans ton lycée en premier et t'installer en classe directement. Fais en sorte d'être le plus discret possible. A mon tour, je prendrai ton apparence et rentrerais dans l'établissement, après que le premier cours ai commencé. Si je rencontre quelqu'un sur ma route, je prétexterais être en retard. A propos, où sont les toilettes pour filles les plus proches de ta classe ?

-hum... Au deuxième étage de mon bâtiment, près des escaliers du fond du couloir. (Manquerais plus que ce soit un pervers...)

-Parfait. J'irais dans ces toilettes et j'y resterais jusqu'à la pause du midi. A ce moment là, emmène Haruhi là bas en lui disant qu'une élève a besoin des services de la brigade SOS.

-Attends, si tu n'es ici que depuis ce matin, comment peux-tu connaître l'existence de la brigade ?!

-Disons que pendant que tu récupérais de mon jeu de cisaille, j'ai fouiné un peu partout dans ta chambre. J'y ai trouvé un papier mentionnant la brigade SOS et son chef, Haruhi Suzumiya.

-Je vois... (L’intimité et le respect d'autrui, tu connais ?!)

-J'ai continué à chercher, mais je n'ai rien trouvé d'intéressant. Ah, si : j'adore tes sous-vêtements ! Surtout celui avec éléphant dessus ! Mais il est un peu petit pour moi, dommage.

-...PARDON ?! M'indignais-je (wow wow wow, ça va un peu trop loin tout ça !)


-Je plaisante, je plaisante ! C'était pour détendre l'atmosphère. Tu es plus tendu qu'une ficelle de string ! (mais où va t'il chercher tout ça ?!). Revenons au sujet principal : après avoir emmené Haruhi près des toilettes,je... je...

-Tu... ?

-Je sais pas. J'improviserais, c'est pour ça que je suis là, continua t'il sur un ton monotone.

-Tu compte donc parler avec Haruhi, une déglingué que tu n'as jamais rencontré, sans savoir quoi lui dire ?

-Parfaitement.

-... (Je reste sans mot devant tant de stupidité)

-Ah ! Nous voilà à ton lycée ! Je vais te laisser. N'oublie pas ce que je t'ai dit !


Et il s'enfuit dans la rue adjacente, comme si de rien n'était. J'étais totalement confus. Avais-je eu devant moi un extraterrestre totalement abrutis ou bien tout cela n'est qu'une illusion créée par mon esprit ? Il faut dire qu'entendre l'homme qui a pris en otage votre famille vous dire le lendemain qu'il aime vos caleçons ne laisserais personne indifférent. Mais si il me voulait vraiment du mal, il aurait eu tout le temps de le faire hier soir. Mieux vaut suivre ses directives, on ne sait pas ce qui pourrait se passer autrement. Je me mets à parler comme Koizumi maintenant...

Le reste de la matinée passa lentement. A la sonnerie libératrice (ou non), j'abordai Haruhi :

-Haruhi, tu peux me suivre ? Une fille veut te parler, elle désire faire appel à la brig...

-Un mystère à résoudre ? Super ! Emmène-moi vite ! (la politesse, c'est pour les chiens ?! Apprends à laisser les gens finir leur phrase !)

Nous nous mîmes en route, direction les toilettes des filles, Haruhi derrière moi arborant un grand sourire. Arrivé au fond du couloir, une silhouette féminine que je ne reconnaissais pas attendait contre le mur. Elle portait l'uniforme de l'école, une grande queue de cheval, et, fait très étrange, son regard était très semblable au mien. Je parle du visage physiquement, sinon son joli minois serait déformé par une grimace de lassitude. Pour faire court, c'était moi physiquement au féminin. Le regard qu'elle me lança ne me trompa pas, c'était bien lui. Ou elle.

-C'est elle, disais-je, tout en la montrant du doigt.

-Ah ! Enfin une personne qui considère la brigade SOS à sa juste valeur ! Comment t’appelles-tu ?

-Je m'appelle Kyonko. J'ai fait appel à vous parce que je ne trouve aucune solution rationnelle à mon problème : je ne sais pas ce que j'ai, mais je me sens...vide. Je n'ai aucun but, aucune raison de vivre. Mes parents me disent que je dois poursuivre mes études puis me marier et avoir des enfants, mais tout cela ne m'intéresse pas... (Qu’est ce que ce ramassis de niaiserie ?! Haruhi ne la croira jamais ! )

-Exactement comme moi ! Tout est d'une banalité ! Le seul moyen d'échapper à la lassitude, c'est de rendre sa vie plus excitante ! Plus fun ! (Je la sous-estime…)

-Vous dites donc que pour avoir un sens à ma vie, je dois m'amuser ?

-Parfaitement ! Pour moi, rechercher des mystères est la seule chose qui me comble !

-Je dois...faire la chose qui m'amuse le plus ?

-Oui, je viens de te le dire ! Si tu a encore besoin de moi, n'hésite pas à m'appeler !

Et la revoilà qui file comme un éclair. Je reste seul avec mon jumeau maléfique, qui m'adresse la parole immédiatement :

-Les ordres sont clairs. Mon existence n'est vouée qu'à l'amusement.

-Tu ne vas pas croire sérieusement ce qu'elle a dit ?!

-C'est naturel pour quiconque d'obéir à son géniteur.

-Et comment comptes-tu t'amuser ?

Un grand sourire éclaira son visage, qu'elle tourna vers moi. Pas le genre de sourire qui réchauffe les cœurs, plutôt celui d'un sadique qui va passer à l'acte.

-Tu le sauras bientôt, je pense... (Comment ça ?!)

Elle repartit dans les toilettes en rigolant doucement. Tout cela ne présageait rien de bon...


CHAPITRE V


Le reste de la journée passa. Après le derniers cours, je me mis en route vers le local de la brigade. Sans compter sur ma jumelle :

-Kyon, viens par ici !

Elle était dans une salle de classe déserte à l’autre bout du couloir. A peine rentré qu’elle nous enferma. J’entamais la discussion en premier :

-Alors, que comptes tu faire ?

-Eh bien, après avoir réfléchi, il semblerait que je sois définitivement mort, mais par je ne sais quel hasard, cette chère Haruhi me maintienne en vie. Je pense que lorsque j’aurais atteint mon objectif, je pourrais reposer en paix.

-… Et quel est ton objectif ? T’amuser ? Tu ne ferais pas mieux d’aller voir ta famille avant de…, enfin tu vois ?

-Non. Même si je le voulais, je ne le pourrais pas. Haruhi a inconsciemment prolongé mon temps sur terre, afin de suivre ce fameux objectif : m’amuser, en tant que Dopplegänger.

-Et comment comptes-tu t’y prendre ?

Encore ce sourire sadique sur son visage.

-Eh bien, je vais prendre ton apparence, et m’amuser un peu avec les autres membres de la brigade !

Elle me sortit ça d’une traite, mais avec un sourire chaleureux. Je crois qu’elle a l’impression que je vais la laisser faire ?!

-Hors de question ! Sors t’amuser, mais pas ici !

-Et qui va m’en empêcher ? Toi ? s’exclama t’elle, en éclatant de rire. N’oublie pas que je peux te tuer instantanément, Dopplegänger oblige. Mais ne t’inquiète pas, je ne serais pas trop méchant…

Sur ce, elle sortit de la pièce, et moi sur les talons. Je maudis une énième fois Haruhi, et tenta de trouver une tactique pour me sortir de cette situation. Mais rien n’y fit, aucun échappatoire ne me vint à l’esprit. Nous arrivâmes à quelques pas du local, quand elle me prit par le bras et m'entraîna dans la salle juste à coté.

-Tu ne peux rester avec moi, sinon la surprise pour tes camardes serait gâché… Je sais ! Je vais t’attacher et te mettre près de la fenêtre, et une fois dans le local, j’ouvrirais la fenêtre, comme ça tu pourras profiter totalement de la conversation !

Je réagis au quart de tour. Je m’élançai vers la sortie. 3 mètres, 2 mètres, allez ! Je ne veux pas rester un instant de plus avec ce fou !

Un grand flash m’éblouit, et quand je recouvris la vue, un colosse se tenant devant moi. Un véritable colosse, je vous dis ! Il était trop grand, si bien qu’il était complètement penché vers moi pour ne pas toucher le plafond. Il avait les yeux de différentes couleurs, et une énorme épée qui semblait grossièrement taillé dans du bois. Il leva sa main libre et m’envoya valser au fond de la pièce, où je m’évanouis.

A mon réveil, j’étais bâillonné et ligoté sur une chaise, près d’une fenêtre. Évidemment. Je devais être beau à voir : droit comme un piquet, attaché avec un tuyau d’arrosage (sûrement celui de l’école. Il avait préparé son coup en plus ! ), et un bandeau rose qui m’écrasait la mâchoire. Ce n’est plus mon penchant féminin qui se tenait devant moi, mais moi-même.

-Bien, bien, bien… Maintenant que les préparatifs sont faits, le spectacle va pouvoir commencer.

- Mmmmh mmh mmmh mmmmmmh !

-Moi aussi je t’aime, mais la question n’est pas là. Je vais te laisser, j’ai ma chèèèèèère Mikuru à tourmenter. Je viens de l’entendre rentrer à coté. Elle va probablement se changer dans quelques instants. Et devine qui va rentrer sur scène !

-MMMMMH MMH MMMMMH !

-Je te laisse, j’ai du pain sur la planche… et quelques déclarations passionnées à faire. Profite bien.

Je sus dès lors que ma vie allait sûrement prendre un tournant ce soir. Si cet hurluberlu commence à raconter n'importe quoi à tout le monde, je ne pourrait plus sortir de chez moi jusqu'à la fin de mes jours. Merde ! Garde la tête froide, il faut te sortir de là !

Mais rien à y faire, le tuyau était trop serré. Je ne peux pas bouger. Je ne peux qu’entendre ce qui va suivre. Alea jecta est.


CHAPITRE VI


Un claquement de porte. Des bruits de pas dans le couloir. Je l'imagine parfaitement, devant l'entrée de la brigade, fixant la porte avec un sourire sadique sur mon visage. Mon Dieu, faite que Mikuru ait fini de se changer !

- Ah, Kyon, bonsoir ! Je vais te préparer du thé.

-Bonsoir, Kyon. Passé une bonne journée ?

Les voix de Mikuru et Koizumi me parvenaient distinctement. Au moins, cette dernière devait s'être changé auparavant si Itsuki était déjà là.

-Très bonne. Ah ! J'ai quelque chose à dire, à vous trois.

Trois ? Cela signifiait que Nagato était aussi présente.

-C'est assez difficile à expliquer... Bon, autant ne pas y aller par quatre chemins: je vais déménager !

-Quoi ?! Si précipitamment ? S'indigna Mikuru.

-Oui, je pars demain... et vous ne me reverrez sûrement plus après.

-Impossible. Quand Haruhi l'apprendra, elle deviendra folle de rage, et cela aboutira sûrement à la création de nouveaux espaces clos, précisa Koizumi.

-Eh bien, pour être franc, je m'en tamponne totalement.

Un silence de mort s'installa dans la salle. Mais qu'est ce qu'il raconte, cet abruti ?! Non seulement il me vole mon apparence, mais en plus il a obtenu toute ma mémoire et mes souvenirs ? C'était promotion au rayon Kyon ou quoi ?! Il faut à tous prix que j'arrive à me détacher... Mais oui ! Si j'arrive à décoincer le bout du tuyau, je n'aurais plus qu'à tourner sur moi même pour qu'il se déroule ! Cet idiot n'a pas pensé à faire un noeud... Sa voie s'éleva à nouveau :

-Cette histoire de Dieu, d'entité pensante et de voyage dans le temps commence à sérieusement me pomper l'air. Marre qu'on essaye de me tuer, marre de faire 15 000 fois la même chose pendant deux semaines, marre d'être mêlé à des complots que je ne comprends même pas, MARRE, MARRE, J'EN AI MARRE !!

-Ça...Calme toi Kyon... sanglota Mikuru

-C'est valable pour vous tous aussi ! Même pour toi, Mikuru ! Avec ta manie de répondre « c'est confidentiel » ! Si tu ne peux pas aborder le sujet, alors tais toi et ferme ta boite à camembert ! Si encore ça s'arrêtait là ! Mais en plus il faut que tu en rajoute une couche, avec tes croyances à la mords-moi le noeud ! Des voyageurs dans le temps ? Et mon cul c'est du Téflon ?!

Oh Seigneur, il est en train de vider tout ce que j'ai sur le coeur ! Et ce foutu tuyau qui ne veut pas s'enlever ! Il faut que je l'arrête avant qu'Haruhi arrive !

- Kyon, s'il te plaît...tenta Koizumi


- SILENCE QUAND JE PARLE ! Quand à toi, tu te crois drôle avec tes sous-entendus à la con ?! Dis le directement, si je t'intéresse ! Et ta société d'esper sortie de nulle part ! Elle sort d'où, hein ? Du fin fond de l'enfer ? Tu diras bonjour à Cronos de ma part !

Vite, vite, vite, enlever le tuyau, plus vite !

-Et toi, le Terminator capable de se prendre des lances dans le bide sans ciller, tes parents ont oubliés de cocher la case « sentiments » sur le bulletin de commande ?! Tu m'énerves à ne jamais rien montrer, à garder tout au fond de toi même ! Tout comme tes machins qui volent dans les cieux, les entités réfléchissantes ou je ne sais pas quoi ! Tu en parles beaucoup, mais on en voit pas grand chose ! Vous essayez tous de me berner, ma parole ! Avec vos illusions et vos tours de passe-passe !

Ça y est, le tuyau est tombé ! Vite, vite, vite, l'empêcher de continuer !

- Et c'est pourquoi je vous ordonnent d'ALLER TOUS VOUS FAIRE ENC-

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Hurlais-je, pendant que je défonçais la porte de mon épaule et que je me jetais sur lui pour le précipiter à terre, et qu'il la ferme enfin. Trop c'est trop, ça va barder !


CHAPITRE VII


-AHAHAHAHAHAHAHAHAH ! Qu'est ce qu'on se marre, hein !

Le voilà qui rit à gorge déployé, pendant que les deux autres nous regardaient, totalement abasourdis. Sauf Nagato, qui ne se donnait même pas la peine de se manifester d'une quelconque façon. J'en profitais pour lui coller mon poing dans la face, ce qui le fit rire de plus belle. Exaspéré, je remarquais qu'il commençait peu à peu à devenir transparent. C'est vrai, une fois son objectif atteint, il devait retourner là d'où il venait.

-Mission accomplie, mon cher Kyon ! Je pense que c'est l'heure de nous dire au revoir maintenant ! Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis, je m'en vais le premier vous préparer la place !

Aussitôt ces derniers mots prononcés qu'il se dissipa dans un brouillard lumineux, qui disparu en un instant.

-... Kyon ? Tu pourrais nous expliquer ce qui se passe ? M'interrogea Koizumi

Je leur dévoilai alors toute l'histoire. Du soir où il m'avait assommé à maintenant.

-Je vois, c'était donc une manifestation du pouvoir de Haruhi. Mais contrairement à moi, Mikuru et Nagato, son existence était éphémère. A moins que cela signifie qu'une fois notre mission achevée, nous subirons le même sort que lui.

-C...C'est impossible, tant que Haruhi existe,notre mission continuera ! Suggéra Mikuru.

-Probablement, mais rien n'est sûr. Le problème est que le but de ce Dopplegänger n'était pas d'avoir un rôle auprès de Haruhi, mais de servir sa propre cause. Le mystère reste entier à ce sujet, et je ne vois pas comment le résoudre...

-Dites, au lieu de baratiner, ça ne vous dirait pas de sortir d'ici ?! Passons l'histoire sur lui une bonne fois pour toute et oublions le !

-Ma foi, c'est peut être la meilleure solution, proposa Koizumi. Allons manger un morceau !

La salle se vida alors de tous ses occupants alors que les cris de Haruhi commençaient à s'entendre au loin, ne laissant qu'un silence pesant derrière eux...


EPILOGUE


-Ah, Merci d'être venu, Nagato, s'écria Koizumi.


Il était près de 23h, aux alentours de la gare. Aucun membre de la brigade à part eux deux n'étaient présent.

-Je voulais te poser une question : que penses-tu de l'accident d'aujourd'hui?

-... Le fait de voir un humain doté de pouvoirs surnaturels n'est pas nouveau. Le problème est qu'il n'a servi qu'à un seul but : vider le coeur de Kyon, nous exposer tous ses doutes et approbations face à nos existences.

-Tu l'avais remarqué toi aussi... Même si ce n'était pas lui qui parlait, ses sentiments étaient bien ceux exprimés par le Dopplegänger. Mais si Haruhi n'est pas consciente de nos fonctions, elle ne peut donc pas créer une entité, non seulement gravitant autour de Kyon, mais qui puisse donner un avis sur une chose qui n'existe pas.

-Il est possible que le Dopplegänger ai été créé par Haruhi, et que ses fonctions lui ai permis de prendre possession des sentiments de Kyon.

-Cette idée m'est aussi passée par la tête. J'ai alors appelé Haruhi, prétextant un besoin d'informations sur les Dopplegänger. Après l'avoir questionné dans tous les sens, j'ai pu m'assurer qu'elle ignorait totalement que les Dopplegänger puissent voler autre chose que l'apparence d'une personne. Cela signifie qui si elle l'a vraiment crée, il n'aurait pas ce pouvoir.

-Sous entendrais tu que son créateur soit la personne qui était aussi ciblée ?

-J'en dis que le monde est encore plein de mystères, et que ce n'est pas demain que les réponses arriveront. Allons nous installer dans un café, nous serons plus au chaud.

Et ils s'éloignèrent dans la pénombre de la nuit, un vent glacial soufflant derrière eux, et semblable à un rire, un rire gai, si proche, mais si éloigné à la fois...





Par toutoune134, le 19/12/2009