L’Espérance de Haruhi Suzumiya

De Yukipédia de Haruhi.fr
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Je venais de passer une semaine de vacances avec ma famille ; il s’agissait des vacances les plus normales qui existaient et n’importe quel lycéen normal de mon âge les aurait appréciées à leur juste valeur. Cela faisait longtemps que j’avais passé du temps en dehors de la région, loin des extra-terrestres, voyageurs du futur et autres êtres dotés de pouvoirs surnaturels, ainsi que des caprices de Miss Haruhi. Il fallait dire que ça avait été assez reposant, et que ça ne m’a pas particulièrement… Hum, bon. Je vais peut-être le regretter de penser cela, mais en fait, la plupart de ces choses m’ont bel et bien manqué.


Nous arrivons enfin à la maison. A peine commencé-je à penser à la semaine de libre qu’il me restait pour profiter des vacances qu’un énorme doute assombrit mes pensées. Je n’avais rien de prévu dans les jours à venir, mais je sentais déjà qu’une certaine volonté divine allait me contraindre à faire quelque chose de pas forcément banal, voire dangereux.

Tentant d’oublier ces pensées négatives, je m’apprête à me diriger vers la cuisine, pour entamer la bouteille de soda qui m’attendait tranquillement dans le réfrigérateur, et pose mon sac sur mon lit en me tournant vers la porte de ma chambre. C’est alors que mon sac me rappelle à l’ordre par le biais d’une sonnerie de téléphone. Rapidement, je sors mon portable du sac en constatant qu’il s’agit d’un appel de Haruhi. C’est étrange, je pensais l’avoir éteint justement pour rester tranquille tout le reste du voyage. Et d’ailleurs, comment a-t-elle su que je viens de rentrer ? Je ne sais pas ce qui m’a pris par la suite, mais j’ai répondu tout en sachant que ça pourrait m’embarquer quelque part contre mon gré. Trop tard, le sort en est jeté.

« Allo ? Haru… ? »

« Kyon ! Ça va ? Tes vacances se sont bien passées ? »

« Et bien, pour tout te dire… »

« Peu importe ! Réserve la semaine qui vient car je prévois quelque chose de génial pour la brigade ! Rendez-vous demain en ville devant le magasin de musique ! Les retardataires seront châtiés comme ils le méritent ! »

« Att… ! »

Haruhi me raccroche au nez en me laissant avec le peu d’informations qu’elle vient de me lancer à l’oreille. Ce qui tombe bien, c’est qu’elle n’a pas précisé d’heure pour demain et que cela me donne une excuse pour ne pas y aller. Je me dirige à nouveau vers la cuisine en pensant pouvoir crier victoire lorsqu’une vibration de mon téléphone m’indique un nouveau texto. Par réflexe, je l’ouvre.

« RDV demain à 14h ou des têtes vont tomber ! »

Il faut vraiment que je pense à l’éteindre ce portable…



La soirée est passée rapidement du fait que je me sois couché tôt à cause de la fatigue du voyage. Au réveil les minutes me semblent être des secondes et je ne vois pas le temps passé jusqu’au moment où je me retrouve devant le magasin de musique. Pour une fois, je suis le premier arrivé. Je regarde autour de moi et n’aperçoit personne de la brigade SOS. Je me tourne alors vers le magasin qui me présente différentes sortes d’instruments dont une guitare en proie au regard d’une jeune fille aux yeux pleins de joie de vivre et de naïveté, entourée de trois autres filles qui portent le même uniforme qu’elle. Pourquoi Haruhi a-t-elle choisi cet endroit ? Compte-t-elle monter un groupe de musique avec la brigade ? Je ne l’espère pas, elle serait trop déçue de ma performance. Je remarque ensuite la présence silencieuse de Yuki Nagato qui vient d’arriver.

« Salut Nagato. »

Elle ne répond que d’un bref signe de tête.

« Est-ce que Haruhi t’as précisé ce qu’elle a prévu de nous faire faire ici ? »

« Non. »

Son regard se dirige alors vers la droite. En tournant la tête je vois deux autres membres de la brigade qui s’avancent.

« Salut Asahina, Koizumi. »

Ce dernier nous salue en ajoutant un signe de la main tandis que Mikuru incline légèrement le haut du corps.

« Bonjour Kyon, Nagato. »

Pourquoi ces deux là sont-il arrivés ensembles ? Non, je ne peux décemment pas poser ce genre de question, même si ça m’intrigue. Avant que le chef de la brigade n’arrive, je tente d’éclaircir le mystère de notre venue :

« Dites, vous avez pour quelle raison Haruhi nous a fait venir ici ? »

« Franchement, je pensais que tu allais nous en apporter la réponse car on se posait la même question avec Asahina lorsqu’on s’est croisé juste avant d’arriver. » Répond Koizumi.

Bon, en tout cas moi je l’ai ma réponse. Mikuru explique ensuite :

« Désolé Kyon, mais il semblerait qu’elle n’ait précisé la raison de cette réunion à personne… »

« Tiens, je crois que nous allons bientôt le découvrir. » Ajoute l’esper.

En effet, le chef de la brigade ne se fait pas plus attendre en saluant vivement le groupe qui se retrouva au complet.

« Salut tout le monde ! On a quelques courses à faire aujourd’hui donc ne perdons pas de temps. »

Bizarrement, nous nous éloignons du magasin d’instruments de musique qui en fait se trouve au centre des multiples boutiques que nous allons visiter. Au fur et à mesures des achats de Haruhi, je me demande de plus en plus ce qu’elle va nous préparer. Nous passons dans un magasin de jouet, un magasin de vêtements (où Haruhi tient absolument à choisir un nouveau maillot de bain à Mikuru en dehors du cshamp de vision des membres mâles de la brigade), un magasin d’équipements divers et variés puis nous nous dirigeons vers la gare.

« C’est pas la porte à côté par contre… Hé mais ? Tu prévois de nous faire voyager ou quoi ? » Demandais-je à Haruhi.

Cette dernière sourit d’une façon presque diabolique avant de répondre :

« Bien deviné cher Kyon. Nous allons partir en hauteur ! »

« Dans la montagne ? »

« Oui ! »

« Pour y faire quoi ? »

« Chasser ! »

« Chasser quoi ? »

Elle me regarde soudainement en plaçant ses poings sur les hanches.

« Des monstres pardi ! Ou tout autres créatures qui sortent de l’ordinaire. »

Incapable de placer ma paume sur le visage à cause des nombreux sacs que je portais, je me contente d’un froncement de sourcil marquant mon doute quant à la réussite de cette mission.

« Je n’en attendais pas moins de Suzumiya. » Dit Koizumi avec un faux air joyeux.

« Des… des monstres ? » Articule Mikuru, qui commençait à trembler, comme pour demander confirmation.

« Ne vous inquiétez pas, on prendra aussi du temps pour s’amuser entre nous avant de s’amuser avec eux. J’ai tout prévu ! » Croit bon d’ajouter Haruhi.

Je passe les détails de nos derniers achats, mais il semblerait que Haruhi ait réussi à trouver et réserver une sorte de chalet en montagne, un petit coin sympathique et calme près d’un cours d’eau dit-elle, et ce pour une durée de trois jours à partir d’après-demain.

« T’étais obligée de choisir ces billets ? » Me plaigné-je à Haruhi.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Je ne vois pas le problème… »

« C’est marqué départ à 5h34 am. »

« Tu ne vas pas te plaindre constamment ! Je me saigne à trouver un endroit super pour voyager, et t’es pas content ?! »

J’aurai bien continué à argumenter si la main de Koizumi ne s’était pas posée sur mon épaule pour me signaler de lever le drapeau blanc avant qu’un conflit ne démarre. J’approuve finalement le voyage de Haruhi et j’aperçois la joie se dessiner sur son visage. Ça évitera sûrement l’armageddon pour un bon moment. Juste avant que le groupe se sépare, je ne peux m’empêcher de demander une faveur à Nagato :

« Dis moi, combien y a-t-il de chances que le temps soit assez pourri pour que Haruhi abandonne ses idées de monstres ? »

« Peu. »

« Et les chances que le train soit annulé ? »

« Moindres. »

« Tu penses que ce voyage se déroulera normalement ? »

« J’espère. »

Je ne vais pas demander de réponses plus détaillées de la part d’une interface humanoïde. Il ne me restait plus qu’à profiter de mon dernier jour de repos en cauchemardant les idées les plus folles qu’on pouvait attendre de Haruhi. Ce jour passa extrêmement vite et, le jour du départ, je suis sauvé par mon réveil d’un rêve mettant en scène une Haruhi armée d’anguilles mangeuses d’hommes… Bizarre.



Il fait encore nuit lorsque nous nous retrouvons tous les cinq à la gare. En montant dans le train, je remarque que nous sommes pratiquement seuls. Je me retrouve assis à côté de Koizumi, en face de nous Mikuru dort comme une princesse attendant le baiser du prince charmant, Nagato reste plongée dans un livre presque aussi gros que mon dictionnaire, et Haruhi regarde le paysage par la fenêtre, un sourire sur les lèvres, comme si un flot d’idées malsaines traversait son esprit. L’esper s’endormant avant moi, je peux considérer que je suis désormais seul avec Haruhi.

« Quel genre de monstre espères-tu trouver là-bas ? »

Je ne sais pas pourquoi j’ai posé cette question, j’étais encore trop endormi pour réfléchir.

« Tu n’as jamais lu de livres sur les monstres légendaires ? » Me répondit la lycéenne.

« Si, quand j’étais gosse, probablement. »

« Alors tu dois savoir que dans la montagne on peut rencontrer le Yéti ou encore Big Foot par exemple. »

J’avais l’impression de parler à une gamine de 8 ans.

« Le problème avec ces monstres, c’est que justement ils sont légendaires. »

« Ne commence pas Kyon ! Nous allons dans un endroit coupé de la civilisation, on va forcément trouver quelque chose de pas banal qui s’est développée loin de la ville et de sa pollution. »

« Rassure moi, nous n’allons pas en ermitage ? »

« Mais non, je t’ai dit que c’était un endroit sympathique. »

« Bien, au moins on pourra s’amuser sans avoir besoin de partir à la chasse aux monstres. »

Haruhi fronça les sourcils en me regardant. Son regard me dit que je vais obligatoirement participer à ses activités paranormales. Elle se replonge dans le paysage et je me replonge dans un sommeil profond.



6h55, le train s’arrête, je viens de me réveiller, nous descendons.

« Allez, plus qu’une heure de marche environ ! » Annonça Haruhi pour nous encourager.

J’aurai tellement voulu que ça ne soit pas vrai… Une heure plus tard donc, nous arrivons enfin à la demeure tant attendue. Accompagné de Mikuru, je ne peux cacher mon étonnement en levant le nez pour observer la maison en entier.

« C’est grand ! » S’exclame la voyageuse temporelle.

« Haruhi a bien choisi son lieu pour ces derniers jours de vacances. » Ajoute Koizumi.

Miss Suzumiya part faire le tour de la propriété et revient pour faire son rapport.

« C’est encore mieux que je ne l’imaginais ! Il y a même la cascade ! »

Je ne peux m’empêcher de demander :

« Attend, combien as-tu payer pour louer ça ? Nous devrons participer aux frais, ou alors on va travailler ici ? »

« Ne t’inquiète pas ! Je me suis arrangée, et il est hors de question que nous fassions un petit boulot ici ! Installez vous, on a chacun notre chambre. »

Et quelles chambres… J’aurai pu emporter quelques valises de plus si le voyage durait un peu plus longtemps. Haruhi passe alors dans le couloir qui raccorde toutes les chambres au premier étage et nous signale :

« Prenez votre maillot de bain ! On va aller se baigner ! »

Une sorte de couinement indique la surprise de Mikuru qui ose à peine demander :

« Haruhi, est-ce que je dois mettre … ? »

« Bien sûr que tu le mets ! Je l’ai choisi exprès pour ça ! »

« D’accord… »

Une fois en tenue, nous nous retrouvons près du cours d’eau juste à côté de la maison. Koizumi et moi sommes les premiers et attendons les filles. Haruhi ne s’est pas trompé, il y a réellement une cascade qui donne sur une sorte de bassin d’où continue la rivière. Le soleil commence à faire sentir sa chaleur en pointant le bout de ses rayons, mais c’est quelque chose d’autre qui va réchauffer l’atmosphère. Lorsque arrive Haruhi dans son maillot de bain deux pièces, Mikuru est cachée derrière son dos. Après une manœuvre de force, la seconde jeune fille se retrouve devant nos yeux, les épaules maintenues par la première.

« Ne te cache pas Mikuru. » Lui ordonne Haruhi de la même manière qu’aurait fait un obsédé sexuel.

La voyageuse temporelle est affublée d’un de ces maillots de bain une pièce, bleu et porté par les écolières. Cette tenue met particulièrement bien en valeur les formes de Mikuru, j’évite d’attarder mon regard dessus pour ne pas passer pour un pervers. Dommage que les lecteurs ne puissent pas en profiter… hein, qu’est-ce que je dis moi ?

« Ça lui va bien n’est-ce pas ? » Demande Haruhi en confirmation.

« En effet, je ne vais pas dire le contraire. » Répond Koizumi.

Tu m’étonnes… Arrive ensuite Nagato, Miss Suzumiya lui a apparemment aussi choisi un maillot de type sukumizu. Elle ne donne pas la même impression que Mikuru, mais ça lui va bien quand même. Je plonge dans l’eau en premier, pour au moins refroidir mes ardeurs, puis nous passons le plus clair de la matinée à nous amuser dans l’eau. Petite déception malheureusement, même si la vue est déjà assez agréable comme ça, il n’y a aucune chance que Mikuru perde le haut de son maillot de bain. Une Haruhi en train d’essayer d’entraîner Nagato dans l’eau me fusille soudainement du regard, j’en arrive presque à croire qu’elle peut lire dans mes pensées. Je sors de l’eau, accompagné de Koizumi, pour aller me réchauffer un peu au soleil car il faut dire que la rivière est assez fraîche. Le garçon aux pouvoirs magiques engage alors la conversation :

« Suzumiya nous gâte drôlement. » « T’as raison, qui sait ce qu’elle nous prépare après ça. »

« On n’a pas de quoi se plaindre, on est en vacances dans une superbe villa. »

« Justement, tout ce que j’ai vu pour l’instant est trop beau pour être vrai. »

Il esquisse un sourire et continue :

« Suzumiya semble joyeuse, rien de grave ne peut nous arriver tant que ça se poursuit ainsi. »

« Je n’ai pas peur des conséquences si jamais elle se mettait en colère, mais de ce qu’elle voudrait nous faire faire pour la contenter. »

« Voyons, ça ne peut être qu’amusant comme expérience. »

« Tu accepterai tout d’elle pour ne pas la froisser ? »

Après une seconde de réflexion, Koizumi donne sa réponse :

« Probablement, s’il n’y a pas d’autres voies possibles alors je devrais faire ce qu’elle dit. »

« J’ai pas envie de me retrouver aux ordres d’une dictatrice… si ce n’est pas déjà fait. »

« Tant qu’elle ne pense pas à sa chasse aux monstres tu n’as pas à t’inquiéter. Même si je pense que ça pourrait être intéressant. »

« Arrêtons de penser, je vais aller me changer. »



Après avoir noyé deux ou trois fois Mikuru et fait la course à la nage avec Nagato, Haruhi décide enfin qu’il est l’heure de manger. Heureusement pour nous, elle a pris de quoi nourrir toute la brigade pendant ces quelques jours, de sorte que nous n’ayons pas à redescendre faire les courses. De plus, tout le matériel de cuisine est déjà présent dans la maison. J’avoue qu’elle a vraiment très bien fait les choses. Tout le monde participe à la préparation du déjeuner en commençant par les salades. Après m’être coupé au bout de quelques tomates, Haruhi m’accorde le droit de faire une pause avec Mikuru qui a bien failli perdre un doigt.

« Désolée d’être si maladroite. » S’excuse-t-elle en affichant un sourire embêté.

Je commence à avoir faim, j’essaie de ne pas y penser en jetant un coup d’oeil aux cheveux de Mikuru qui bouclent à cause de l’humidité ; ça lui va bien… en fait il n’y a pas grand-chose qui pourrait l’enlaidir. Soudain elle me fait revenir sur terre en me posant une question :

« Tout va bien, Kyon ? »

« Heu, oui, parfaitement bien. »

« Ah, tant mieux. Tu faisais une tête bizarre, et je me rappelle que tu n’avais pas l’air très emballé par la proposition de Suzumiya avant de partir. »

« Finalement, ce n’est pas si mal, réponds-je en souriant. Et toi, tu ne te sens pas trop oppressée par Haruhi ? »

« Pas du tout, c’est un peu embarrassant parfois mais ce n’est pas si grave. L’important c’est qu’elle soit heureuse, d’ailleurs elle a l’air. »

Je tourne la tête et voit Haruhi en train d’expliquer la meilleure façon d’utiliser un économe à Nagato. Elle parait très sereine, on dirait presque qu’il s’agit d’une fille normale en vacances. Il faut que je fasse une photo de ce cadre et que je la garde dans ma mémoire.

Puis, je ne trouve rien d’autre à dire que :

« Est-ce que Haruhi t’as préparé d’autres costumes ? »

« Hein ? Heu, je ne sais pas mais… »

« Ce n’est pas grave, désolé de t’avoir demandé ça. »

Je ne vais pas la gêner encore plus.



Au bout de quelques minutes, nous entamons le déjeuner. En mangeant, je me rends aussi compte que Haruhi possède de bons talents en cuisine, c’est elle qui a préparé la majeure partie du repas et ça plait beaucoup à mon palais.

« Vous aimez ? demande la lycéenne à tout le groupe avant de s’adresser en particulier à moi. Tiens Kyon, goûte ça. »

« Ah, merci. »

Je n’allais pas refuser… Quoique, cela à amener Koizumi à imiter Haruhi sauf que ça m’a moins plu, ainsi que Nagato qui a sans doute voulu obtenir d’autres informations sur les mœurs humains en me tendant ses baguettes tandis que la chef de la brigade SOS se mit à proposer… enfin… obliger Mikuru à manger ce qu’elle lui présente. En bref, c’était très convivial. Nous sortons de table, le soleil tape moins fort que tout à l’heure à cause des quelques nuages qui se sont invités au temps. Et là, c’est le drame.

« Bien ! Nous allons pouvoir faire une petite ballade. » Propose Haruhi avec un grand sourire.

« Ouf, j’ai cru que tu allais nous proposer d’aller chasser… »

« Tu lis dans mes pensées, Kyon. Le temps que je prépare le matériel et que je désigne les groupes et nous sommes partis. »

Haruhi disparaît en prenant les escaliers pour accéder à sa chambre. Je m’empresse alors de montrer le manque de motivation qui se lit sur mon visage en croisant le regard des trois autres membres de la brigade. Bon sang, après un si bon repas, la plus grande envie que j’ai c’est faire la sieste.

« Il va falloir se préparer pour une bonne promenade dans les bois. » Conclue Koizumi qui ne voyait pas de raison de s’opposer à cela.

Je sors dehors m’étirer en profitant des quelques secondes de calme qui me reste. Tout d’un coup, une goutte sur ma joue vient me redonner un espoir que je pensais oublié. Je lève la tête et aperçois le temps qui se couvre et les premières gouttes de pluie qui se mettent à tomber. Je me hâte de rentrer et m’adresse à Nagato :

« C’est toi qui a fait ça ? Je pensais que ça avait très peu de chance d’arriver. »

« Je n’ai pas modifié les données météorologiques de ce lieu. Peu de chance ne signifie pas qu’elles sont nulles. »

Toutefois, ça m’étonne car Haruhi semblait motivée pour aller à la chasse aux monstres. Vu qu’elle a une influence non négligeable sur notre environnement, je pensais que son inconscient s’arrangerait pour avoir, ou en tout cas vouloir, du beau temps. Ça voudrait dire qu’elle n’en a finalement pas envie ? Bah, peu importe, c’est tant mieux pour moi. En revenant du premier étage, Haruhi aperçoit la pluie et affiche clairement son mécontentement en rouspétant. Dans ce cas, que voulait-elle ? Je ne comprends pas tout… Bon, je crois que je vais arrêter de réfléchir et profiter un peu de ces vacances. Bien sûr, Haruhi a tout prévu en amenant un bon tas de jeux de société, la plupart des nouveaux qu’elle avait acheté auparavant. Nous en essayons plusieurs, mais à chaque fois la lycéenne mélancolique semblait s’ennuyer et nous arrêtons donc au bout d’une courte partie.

« Je suis déçue ! Ces jeux n’ont rien d’intéressant ! »

« C’est toi qui les as choisi en même temps. » Remarqué-je.

« Oui mais je ne pensais pas qu’il seraient si ennuyeux que ça ! Très bien, je crois que je vais devoir sortir ma botte secrète. »

« Arrête de parler comme un personnage d’anime… »

« Que dis-tu ? »

« Moi ? Rien. »

Haruhi repart dans sa chambre et revient avec une grande boite de jeu qui me dit quelque chose.

« Voilà, c’est le jeu qui m’a paru le plus intéressant. Je voulais le garder pour un soir, mais bon, j’ai l’impression que nous n’avons plus le choix. »

Sur cette boite il est marqué quelque chose comme Heroes of Dragons & Dungeons. Un jeu de rôle ? Haruhi donne alors des explications au reste de la brigade :

« C’est un jeu on nous incarnerons chacun un personnage d’héroïque fantaisie. Le but est de remplir telle ou telle mission en explorant les différents lieux d’un monde magique -comme des donjons- et en combattant diverses créatures mystiques. Ça a l’air amusant, non ? »

Les autres membres acquiescent plus ou moins. Pour une fois ça me tente, essayons.

« Très bien, dans ce cas la première chose à faire c’est de choisir un type de personnage et de lancer des dés pour obtenir nos caractéristiques… ou alors est-ce l’inverse ? » Se demande Haruhi en lisant le manuel.



Après quelques minutes de lecture, nous avons eu le temps d’installer quelques éléments du jeu. Apparemment, divers plateaux de jeux sont mis à disposition pour mettre en place une forêt, une grotte, trois donjons, un désert et un village maudit. Le déroulement de l’histoire est décidé lors de nos actions à l’aide d’un livre narrant les événements qui risquent d’arriver. Finalement, Nagato occupera le poste de magicienne lanceuse de boules de feu, Koizumi obtiendra un rôle de voleur détecteur de piège, Mikuru sera elle une danseuse de guerre avec un tambourin et moi je me présenterai comme un guerrier mage.

« Quant à moi, je serais une puissante chevalière ! » Déclare Haruhi en s’emparant de la petite figurine représentant un épéiste en armure.

Il semblerait que personne n’ait d’objection concernant son rôle, sauf Mikuru qui vient à demander :

« Mais… pourquoi mes statistiques sont elles si basses ? »

« C’est parce que tu es une danseuse Mikuru ! Explique Haruhi avec joie. Tu ne combats pas en première ligne mais tu restes derrière pour augmenter nos compétences en nous encourageant avec ton instrument de musique. »

Elle se met alors à taper dans le tambourin imaginaire qu’elle tient dans la main.

« Aaah, d’accord. » Conclue la lycéenne venue du futur.

Nous installons le plateau de jeu représentant une forêt et Haruhi commence à raconter notre aventure en lisant le livre d’événements. Nous sommes un groupe de valeureux combattants et allons devoir retrouver un trésor enfoui quelque part dans la forêt maudite. Il nous faudra plusieurs actions pour arriver à la grotte contenant le trésor, et à chaque action nous risquons de rencontrer des créatures ennemies ou de tomber dans un piège. Après avoir embroché un troll nain, carbonisé une goule herbivore, déjoué un piège caché dans un buisson, réduit en morceaux une fée buveuse de sang, coupé la tête à quelques loups sauvages…

« C’est pas une espèce protégée le loup ? » Remarqué-je.

« Pas dans la forêt maudite apparemment, répond Haruhi. A moins que tu veuilles perdre un autre point de vie. »

« Non, c’est bon. »

… et démembré un serpent à deux têtes (je me demande d’ailleurs comment on a fait…), nous arrivons enfin devant la grotte tant convoitée. Et c’est là que…

« Aaaah ! »

« Qu’est-ce qu’il y a, Haruhi ? »

« Un dragon rouge garde l’entrée de la grotte ! »

« T’es un peu trop rentrée dans l’histoire je trouve. »

« Evidemment, on risque de se faire rôtir, comment veux-tu que je réagisse ? »

« Bref, qu’est-ce qu’on fait ? »

« Je pense qu’il est risqué de tenter de le battre. » Poursuit Koizumi.

« Dans ce cas, nous allons devoir aller chercher quelque chose qui nous évitera cela. » Ajoute Haruhi.

« Qu’est-ce que c’est ? » Questionne Mikuru.

« On va dénicher une épée tueuse de dragon dans le donjon aux milles visages, juste là. »

La jeune fille brune pointe alors son doigt sur la carte disponible à la fin du livre, comme si ça pouvait nous donner de la distance à parcourir. Pour résumer, nous devons faire le chemin inverse puis traverser le désert de la mort avant de parcourir les couloirs sombres du donjon en question. Heureusement que c’est un jeu de rôle, j’aurai déjà abandonné sans ça. Au bout de quelques génocides organisés de créatures imaginaires, nous entrons dans l’obscur bâtiment renfermant l’épée tueuse de dragons, tout au fond d’un cachot j’imagine car il ne vont pas s’embêter à créer un donjon pour placer l’item recherché à l’entrée, ça ne serait pas amusant…

« En entrant nous tombons sur une bande de gobelins noirs. » Annonce Haruhi, les yeux rivés sur son livre.

Ayant acquis le réflexe au bout de quelques combats, chacun déclare son action dans l’ordre décidé par notre jet d’initiative.

« Sort de boule de feu majeur. » Dit Nagato.

« Je crois que je vais utiliser ma bombe aveuglante. » Ajoute Koizumi.

« Je… je lance mon sort de désorientation. » Déclare Mikuru.

A mon tour.

« Je lance un sort de bouclier magique. »

« T’es pas drôle Kyon ! Participe un peu au combat ! » S’offusque Haruhi.

« Désolé de ne pas avoir envie de perdre un autre point de vie, je n’en ai plus beaucoup à force de t’accompagner dans tes charges suicidaires. »

Après avoir laissé échapper un grognement, la lycéenne en armure abat son épée sur la tête d’un gobelin dont le cerveau finit par sortir par les oreilles. Plusieurs batailles ont lieu avant d’arriver à l’avant dernière salle du donjon, j’ai évité au maximum les combats pour garder le peu de vie qu’il me reste. Soudain, Mikuru déclenche un piège lors d’un jet de dés raté.

« Ah ! Qu’est-ce qui va m’arriver ? »

« Hm, il s’agit d’un piège magique de pétrification, explique Haruhi. Tu vas devoir rester quelques temps au même endroit. Mais ne t’inquiète pas, grâce aux pouvoirs magiques de Nagato on va pouvoir tenter de te libérer tout de suite. »

La fille extra-terrestre lance les dés, mais n’obtient pas le bon résultat pour déjouer la malédiction de la danseuse de guerre. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle s’amuse, mais apparemment Nagato n’utilise pas ses autres pouvoirs pour influencer le résultat des dés.

« Dommage Yuki… On va devoir continuer sans vous, tu tenteras de libérer Mikuru à la prochaine action. »

L’événement aléatoire qui se déclenche à notre entrée dans la prochaine salle indique un grognement sauvage. Il semblerait qu’un énorme monstre nous attende juste après.

« On est plus que trois… peu importe, on ne va pas reculer en étant arrivés si loin ! » S’exclame Haruhi.

Cependant, au moment où nous nous élançons vers la porte suivante, c’est au tour de Koizumi de déclencher un mécanisme piégé.

« Pas grave, grâce à ma dextérité je vais pouvoir le contrer. »

Malheureusement, en obtenant un double 1, l’esper essuie un échec critique et se retrouve prisonnier d’une trappe cachée dans le sol.

« Ah, vous allez devoir continuer sans moi… »

« Raah, c’est pas vrai ! J’espère que tu te sens d’attaque Kyon ! » Déclare Haruhi, les yeux brillants de détermination.

« Je vais faire ce que je peux… » Me défends-je.

Nous voilà devant une espèce de minotaure enragé, bloquant le passage vers l’épée tueuse de dragons. Celui-ci nous charge immédiatement, je l’esquive de justesse et Haruhi en profite pour lui porter un coup à la jambe. La bête est blessée mais continue de combattre. J’enchante mon épée pour pouvoir porter un coup mortel pendant que Haruhi me protége en déviant les coups du monstre. Je m’élance ensuite sur le minotaure et plante mon épée dans son dos. Malheureusement je ripe sur un os trop résistant. Le minotaure se retourne et m’inflige alors une blessure critique. Mon jet d’armure m’indique alors que je viens de périr sous un coup de patte gigantesque.

« Bon, et bien on dirait que j’ai perdu la partie. »

Je commence à me lever en me rendant compte que le ciel est en train de s’assombrir. La nuit n’est pas encore arrivée mais le mauvais temps renforce l’obscurité naissante. Nous avons vraiment joué tout l’après-midi ?

« Attends Kyon, dit soudainement Haruhi. Ce n’est pas drôle si on ne joue plus tous ensembles. On arrête là puis nous recommencerons une partie une autre fois. »

Tout le monde s’accorde sur ce point puis nous rangeons les éléments du jeu dans sa boite. C’était assez sympa finalement, je n’ai pas vu le temps passer et je me rends maintenant compte que j’ai incroyablement faim.



Haruhi regarde le temps pluvieux avec un air mélancolique, Nagato s’est installée dans un fauteuil un livre devant les yeux, Koizumi voit dans la cuisine ce qu’on pourrait préparer pour dîner et Mikuru annonce qu’elle va se laver. Nous avons une salle de bain dans chacune de nos chambres, c’est bien pratique. La voyageuse monte à l’étage tandis que rejoins Haruhi près de la fenêtre.

« T’es encore triste parce qu’on a pas pu partir à ta chasse aux monstres ? On s’est quand même bien amusé avec ce jeu de rôle »

Elle soupire.

« Hm, oui, c’est vrai. Mais ça aurait été mieux de pouvoir faire les deux dans la même journée, tu ne crois pas ? »

Contre mon gré, je me suis surpris à répondre ceci :

« Sans doute… »

À mon avis c’est surtout pour ne pas lui dire que ce genre d’activité ne m’intéresse pas du tout. Soudain, un petit cri attire mon attention. Ça vient de l’étage. Je suis sûr qu’il s’agit de Mikuru quand j’entends :

« Kyon ! Viens vite ! »

J’accoure, suivi par Koizumi qui a aussi entendu le cri de la voyageuse temporelle. Au moment où nous arrivons devant la porte, il me stoppe en disant :

« Et si jamais elle n’était plus habillée ? »

Mon cerveau me crie « raison de plus d’entrer ! », mais je me contente de répondre :

« Peu importe, t’as entendu qu’elle appelait à l’aide ! »

J’ouvre la porte. Mikuru est bien habillée, mais elle ne bouge plus. Nous nous approchons. Elle est figée dans une position étrange, comme si elle avait été surprise par quelque chose.

« Asahina ? »

Je la touche. Aucune chaleur n’émane de sa peau qui semble aussi rude de la pierre. Mes yeux se tournent vers Koizumi qui me fait signe de me taire. Lui aussi a compris. A voix basse je reprends :

« Asahina est devenue une statue ! Ne me dis pas que c’est encore un caprice d’Haruhi ! »

« On dirait bien. Il lui est arrivé la même chose qu’à son personnage dans le jeu. »

« C’est pas vrai ! Quand Haruhi s’ennuie on risque le fin du monde, et quand elle s’amuse on en subit les effets secondaires ! »

« Ne panique pas, on va arranger ça avec l’aide de Nagato. Et il faut éviter que Suzumiya ne se rende compte de ce qui se passe. »

« Peut-être, mais si ça continue comme dans le jeu, je risque ma peau moi ! »

« Il suffit de ne pas se retrouver dans la même situation que ton personnage je pense… Asahina, par exemple, est entrée dans une nouvelle salle et a déclenché ce piège. »

« Je me méfie de tes théories bizarres. »

« Restons sur nos gardes. Je vais prévenir Nagato, pendant ce temps empêche Haruhi de monter à l’étage. »

Je descends les escaliers, à temps car la fauteuse de trouble inconsciente allait monter à son tour.

« Que se passe-t-il avec Mikuru ? » Demande-t-elle.

« Rien, mens-je. Un problème avec la température de l’eau, elle a du se brûler mais ce n’est pas très grave. »

Qu’est-ce qu’il ne faut pas inventer…

« On devrait peut-être aller la voir. »

« Non non non ! Koizumi s’occupe de tout, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. »

Ce dernier descend ensuite interrompre la lecture de Nagato pour qu’elle aille aider Mikuru. Bien sûr, on ne lui demandait pas d’utiliser ses pouvoirs magiques pour contrecarrer le sort de pétrification, mais en manipulant les données elle pourrait sortir Mikuru de là. Je remonte à nouveau pour obtenir une explication de Koizumi qui me confirme que ça va prendre du temps, sans doute toute la nuit car Nagato ne veut pas compromettre l’intégrité de la fille du futur en faisant une erreur dans sa manipulation. Nous repartons dans le couloir avec Koizumi pour aller rassurer Haruhi.

« Elle va se douter de quelque chose si nous restons à l’étage. »

« Oui, je vais faire en sorte qu’elle ne s’approche pas de la chambre d’Asahina. »

Aucune réponse ne me parvient. Je me retourne et constate avec horreur qu’un trou béant dans le sol est apparu en lieu et place de l’esper. Maintenant on est vraiment dans la m…

En descendant les escaliers je me demande quoi inventer pour ne pas éveiller les soupçons de Haruhi quant à la disparition de Koizumi. Trop tard, elle se précipite sur moi.

« Kyon ! Viens vite voir ! »

Elle m’attrape la main et m’emmène à la fenêtre.

« Regarde ! Là-bas ! »

« Quoi ? »

Je plisse les yeux mais n’observe rien d’étrange dans la pénombre qui noircissait de plus en plus.

« Qu’est-ce que tu voyais ? »

« Mais là, bon sang ! Tu ne vois pas… ? »

Apparemment elle aussi a perdu de vue ce qu’elle voulait me montrer.

« C’était là il y a une minute ! Viens il ne faut pas qu’on le perde ! »

« Mais quoi ?! »

Elle s’empare d’une torche électrique et sort de la maison alors que la pluie ne s’est pas arrêtée. Après une seconde d’hésitation, je la suis et la rattrape en courrant sur quelques mètres.

« Tu vas me dire ce que t’as vu à la fin ? »

« Je ne sais pas, mais c’était vivant, et grand. »

Nous sommes obligés de hausser la voix à cause du bruit de la pluie et du vent dans le feuillage des arbres.

« Tu ne sais pas ce que c’est et tu te lances à sa poursuite ? »

« C’est sans doute une créature fabuleuse ! »

Elle s’apprête à entrer dans la forêt en longeant la rivière dont le niveau et le débit avaient augmentés.

« On devrait faire demi-tour tu ne crois pas ? »

« Retourne au chaud si tu veux, moi je continue. Je n’ai pas fait tout ce chemin pour laisser s’échapper une chose que je suis sur le point d’attraper. »

« C’est toi qui a la lampe, je crois que je vais te suivre… »

Écoutez là, on dirait une gamine… Sauf que les gamines en temps normal ont peur des monstres. Bon, en même temps, ce n’est pas comme si le mot normal correspondait à Haruhi. Nous nous enfonçons dans la forêt. Ça y est, il fait assez sombre pour qu’on ne puisse distinguer que ce qu’éclaire la lampe de Haruhi. C’est alors qu’on a cru entendre un bruit étrange. On aurait dit le cri d’un animal sauvage éloigné.

« Tu as entendu ? C’est sûrement lui ! » S’exclame Haruhi.

« Je ne sais pas, je n’ai pas entendu grand-chose à cause du bruit environnant… »

« Ça venait de l’autre côté, viens ! »

La lycéenne surexcitée désigne la rivière avec sa lumière.

« Tu ne penses tout de même pas à traverser ! C’est glissant, on va se casser quelque chose ! »

« C’est moi qui aie la lampe. »

« … »

En marchant sur les rochers émergeant encore hors de l’eau, nous traversons le cours d’eau au prix de quelques acrobaties et continuons de nous enfoncer dans les bois.

« C’est tout près je le sens ! » S’écrie Haruhi qui accélère le pas d’un coup.

« Attends, Haruhi… »

J’ai un mauvais pressentiment. Je ne sais pas ce que c’est, mais quelque chose de grave va se passer, et nous fonçons dedans les yeux fermés. Je repense à la fin de mon personnage après m’être remémoré ce qui est arrivé à Mikuru puis à Koizumi. Il faut que je fasse quelque chose.

« Haruhi, ce n’est plus drôle maintenant. Allez, on retourne à la maison. »

« Non attends ! On y est presque ! »


Elle est entêtée… Je ne vais tout de même pas la contraindre par la force.

« Haruhi, ça ne mène à rien. »

« Mais t’as bien vu qu’il y a vraiment quelque chose ! »

« Non justement, je ne l’ai pas vu, et je n’ai pas vraiment envie de voir. »

Il ne faut pas qu’on continue. Je dois faire quelque chose.

« Haruhi, je te jure qu’il n’y a rien d’intéressant là-bas. »

« Tu ne sais pas, on verra bien. »

Je dois… Je ne veux pas être tué.

« Haruhi, il n’y a rien ! »

J’attrape le bras de Haruhi tenant la lampe torche pour la stopper.

« Ce n’est que ton imagination ! Il faut que tu arrêtes de toujours penser qu’on a affaire à quelque chose de surnaturel ! Reviens sur terre ! »

Je me suis mis à crier, je ne m’en étais pas rendu pas compte. Elle tourne la tête vers moi, quelques gouttes de pluie tombent de ses cheveux trempés. J’ai cru qu’elle allait protester et continuer son chemin. Mais non, à ma grande surprise ses yeux se baissent puis se fixent à nouveau sur moi, ses sourcils ne sont plus froncés.

« Tu as raison… Pardonne moi, j’avais la tête complètement ailleurs. »

J’esquisse un sourire et elle me le renvoie.

« Rentrons, proposé-je, les autres vont s’inquiéter. Je te suis puisque tu tiens la lumière. »

« D’accord. »



Nous voilà repartis silencieusement vers la villa. Je regarde une dernière fois en arrière sans imaginer ce que je viens d’échapper.

Le vent et la pluie s’intensifient soudainement. Nous arrivons à nouveau devant la rivière que nous devons traverser, elle semblait avoir encore gagné en débit à cause de la pluie. Nos pas sur les rochers glissant se font plus prudents. Haruhi passe en première puis m’éclaire pour me faciliter la tâche. Je manque de me ramasser une première fois, puis j’arrive sur la dernière pierre. J’essaie d’attraper la main que me tend Haruhi, mais malencontreusement mon pied glisse et je ne parviens pas à retrouver l’équilibre.

« Kyon ! »

Haruhi s’avance rapidement pour tenter de me retenir, mais c’est trop tard, je me retrouve à l’eau et me fait emporter par le courant. Ce n’est pas forcément plus mal, si Haruhi avait essayé de me retenir nous serions probablement tombés tous les deux. Tout en étant entraîné, je remonte à la surface pour respirer. Je panique. Je tente désespérément de m’accrocher à un rocher mais soit il est glissant soit je me le prends sans pouvoir m’arrêter. Il fait extrêmement froid et je commence à faiblir. Je décide de ne pas lutter contre le courant le temps d’arriver dans un endroit du cours d’eau moins profond ou moins rapide. Mauvaise idée. Ma tête se cogne contre un ultime rocher. Il fait trop froid. Je perds connaissance en entendant à peine les cris de Haruhi.



Je ne sais pas si c’est le froid ou l’inconscience, mais je ne sens plus mes membres, ni mon corps, ni plus rien autour de moi. Un peu comme quand je dors, mais en moins agréable. Je ne sais pas combien de temps passe. La petite flamme de ma vie est sur le point de s’éteindre, quand soudain, une vive chaleur emplit ma poitrine. Je commence à retrouver mes sensations, je reprends presque connaissance. J’ai trop froid et pas assez de force pour crier ou ouvrir les yeux, mais je sens que mon corps repose sur du solide. La chaleur dans ma poitrine s’intensifie et vient redonner vie à mon buste puis au reste de mon corps. C’est agréable. Je crois que je vais dormir encore un peu.



Ma tête se soulève, j’ai mal au cou. Mes yeux s’entrouvrent, la lumière du soleil m’empêche d’observer ce qui m’entoure. Mes bras fonctionnent, je prends appui dessus pour me relever dans le canapé.

« Salut, Kyon. »

J’entends une voix de garçon. C’est Koizumi, il est assis dans un fauteuil juste à côté de moi.

« Ça va mieux ? »

« Je crois… » Articulé-je.

Après m’avoir entendu, Mikuru accoure pour prendre de mes nouvelles.

« Ah, Kyon ! On était tous super inquiets de te voir dans cet état là ! »

En ouvrant totalement les yeux je remarque que Nagato est aussi là, je ne l’ai pas entendue.

« Je… je suis tombé dans l’eau… Je ne me rappelle plus de tout… »

« Haruhi t’as sauvé, explique Koizumi. Tu as dormi tout le reste de la nuit et la matinée. »

La lycéenne arrive à son tour. Apparemment elle vient de se laver.

« Tu vas mieux, Kyon ? Tu m’as fait une peur terrible… »

« Désolé, et merci de m’avoir secouru. »

« Tu ne pensais tout de même pas que j’allais te laisser te noyer comme ça ? Tu as encore du boulot au sein de la brigade SOS, n’espère pas y réchapper ainsi ! »

Elle se détourne ensuite et part vers la cuisine. Après s’être assuré que je pouvais me lever, le reste de la brigade –moi y compris- est allé manger. Une quasi-noyade ça creuse.



Lors du repas, nous avons raconté ce qu’il s’était passé exactement. Haruhi m’apprend qu’elle a plongé et m’a ramené à la nage sur le rivage, je la remercie une fois encore. Une fois le déjeuner terminé, je demande à Koizumi ce qui s’est passé ici pendant qu’on était partis. Il me dit que, quand il a réussi à sortir de son piège, nous étions déjà rentrés depuis un moment. Haruhi s’est occupée de moi seule car Nagato n’a réussi à libérer Mikuru qu’aux environs de l’aube.

« Il n’y a aucune trace des événements surnaturels qui se sont produits : Mikuru est redevenue exactement comme avant et le piège dans lequel je suis tombé a disparu peu après que j’en sois sorti. Enfin, tout se termine bien. Encore heureux que vous ne soyez pas allé plus loin dans la forêt, imagine si vous auriez rencontré un minotaure. »

« Non, je n’imagine pas. »

Mon regard se tourne alors vers Haruhi qui se dirige vers les chambres. Comme si elle se sentait observée, elle jette un coup d’œil dans ma direction puis repart. J’ai cru apercevoir une légère gêne dans son attitude, je regarde alors Koizumi comme pour le questionner. Celui-ci hausse les épaules et ajoute :

« Elle doit te voir différemment maintenant. »

« Pourquoi ça ? »

« Je suppose qu’elle a du utiliser les gestes de premiers secours pour te sauver après t’avoir sorti de l’eau. »

Il affiche un sourire amusé.


Qu’est-ce qu’il veut dire ? Haruhi a…

Ho, non !

C’est pour ça que c’était si... agréable ?




Fin.

Auteur : theobaldo51