Similitudes entre Haruhisme et Gnosticisme

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« Et, pour tout dire, c’est moins un dieu qu’un démiurge ignorant et vain. Ceux qui, comme moi, connaissent sa véritable nature l’appellent Ialdabaoth. »
La Révolte des Anges, Anatole France (1914)

Inconséquent, jaloux, irascible, têtu, sont des adjectifs fréquemment utilisés pour décrire le comportement de notre déesse. S'il est vrai qu'il apparaît que ces mots furent crées spécifiquement pour elle, il existe, inconnu de certain, une autre divinité qui eu précédemment le discutable honneur d'être qualifié de tel épithète. Les parallèles tirés entre l'histoire chimérique d'Haruhi et l'ensemble de courant religieux connus sous le nom de « Gnosticisme » sont nombreux, profonds, et souvent fascinants. L'évidence de la comparaison nous pousse naturellement à tenter le rapprochement entre ces deux univers qui peuvent paraître à première vue opposés.

Ialdabaoth est le démiurge. Il créa l'univers materiel sur un coup de tête, univers imparfait émanant d'un être imparfait. Tout comme Haruhi, son univers est, au niveau personnel comme au niveau objectif, raté ; tout comme elle, cette imperfection le met en colère, et sa colère produit en retour des défauts dans l'univers. Son ignorance le pousse a méconnaître sa propre qualité et à se croire réellement parfait, alors que l'existence d'autre créatures divines lui est caché par sa propre bêtise. Comme Haruhi refuse de croire en l'existence des aliens, des espers, ou des voyageurs du temps, Ialdabaoth refuse de croire en l'existence d'une hierarchie divine autre que lui-même, quand bien même la preuve lui en serait donné.

Ialdabaoth n'est pas seul, néanmoins. La substance de sa divinité, par le principe d'émanation, créa les anges, des créatures surnaturelle façonné à l'image. Nous nous attarderons quelque secondes sur le principe d'émanation. Ce principe fondamental du Gnosticisme, récupéré des philosophes Grecs, stipulent que la divinité rayonne en produisant des phénomènes ayant une étincelle de la divinité. Seule la source ultime des émanations est infinie, car le reste découle d'elle, et découle seulement.

Cette architecture des anges, dont l'étincelle de divinité émane de Ialdabaoth, n'est pas sans rappeler les différentes créatures qui sont supposément créées par les pouvoirs d'Haruhi. Ces créatures, à leur tour, peuvent utiliser leur pouvoir pour créer d'autres effets, comme la magie SQL des interfaces aliens, mais eux-même et leur pouvoir sont d'abord une primo-émanation de la volonté d'Haruhi. Émanation n'est pas contrôle, mais écho. Tout comme les anges de Ialdabaoth sont des êtres aussi imparfait que leur maître et son capable de se rebeller, les créatures créées par Haruhi ne sont pas unies sur leur place, la signification des pouvoirs d'Haruhi, et peuvent se rebeller contre Haruhi si elles le souhaitent suffisamment.

La place de Kyon dans ce parallèle est une question cruciale, qui diffère franchement selon la réalité du pouvoir d'Haruhi. Nous donnerons les deux réponses.

Sophia, la sagesse, créa Ialdabaoth dans un moment de sottise. L'étincelle divine de Ialdabaoth lui fut donné par Sophia, qui l'abandonna sans autre chose que ce fragment céleste. Tout comme la majorité des théories autour du Kyonisme, Ialdabaoth ignore jusqu'à l'existence de sa mère. Cette dernière, reconnaissant son erreur, ne cesse de vouloir le sauver et de le guider hors de sa propre ignorance. Si Kyon est autre chose qu'un humain ordinaire, l'empressement dont il met à vouloir guider Haruhi et à la voir s'ouvrir aux autres peut facilement être relié à ce sentiment. Tout comme Sophia prend en pitié les humains sous le pouvoir de Ialdabaoth et leur donnent une partie de son étincelle divine, Kyon-Dieu s'inquiète des êtres humains prit dans les feux des caprices d'Haruhi et tente de les sauver.

Les humains ordinaires possèdent un fragment divin primordial, mais empêtré par l'influence de l'univers d'un Ialdabaoth colérique et jaloux, sont incapables de s'élever au dessus de leur condition. Pourtant, un être, un homme, est capable de s'élever contre Ialdabaoth pour sauver l'humanité. Cet être montre la voie de l’élévation, et par ses actions sauvegarde à la fois l'humanité et la possibilité de rédemption d'un Dieu insensé. Cet humain, qu'il est facile de relier à un Kyon impuissant, est plus connu dans d'autre religions sous le nom de Jesus.

Une première comparaison superficielle permet déjà de montrer une forte similitude entre Haruhi et Ialdabaoth, et Kyon et Jesus ou Sophia (selon qu'il ait ou qu'il n'ait pas été la force de création d'Haruhi). Ces deux comparaisons, bien que naturelles et immédiatement compréhensibles, sont selon moi très imparfaites, et aller plus loin nécessite de comprendre certain enseignements du Gnosticisme.

Comme dans beaucoup de religions, Ialdabaoth n'est pas tant une figure qu'une métaphore permettant la réflexion philosophique. Il représente la tyrannie de la matière, l'erreur primordial de l'univers, et l'étincelle de Sophia la possibilité de s'élever au dessus de cette tyrannie. Cette possibilité est aveugle. Elle n'est qu'un appel absolu à l'aventure, la possibilité constante d'une révolte contre le fait des choses, et c'est cette possibilité que Ialdabaoth s'efforce d'enfouir et d'enfermer en chacun. Cette étincelle qui représente la voie, seule, ne peut pas grand chose. Parce qu'elle est aveugle et absolue, elle a besoin de s'accomplir en l'être humain, représenté par Jesus.

Métaphoriquement, tout comme Kyon guide la puissance sauvage d'Haruhi, Jesus transforme l'étincelle de Sophia, et la rend accessible à l'ensemble de l'humanité. Là où l'étincelle appelle le dépassement de soit, Haruhi personnifie la volonté de se dépasser. Là où l'étincelle permet de dominer l'univers physique, Haruhi a présenté de nombreuse fois la capacité de changer la réalité. Haruhi est peut-être impulsive, et il peut être difficile de vivre avec elle, mais la vie sans Haruhi ne serait qu'un monde gris et terne, sans espoir.

Dans cette vision, Ialdabaoth serait simplement la banalité du monde, qu'il est de toute façon sensé en partie représenter dans certaines interprétations du Gnosticisme.

Le Gnosticisme offre des grilles de lectures novatrices pour essayer de comprendre la mélancolie d'Haruhi Suzumiya. Si une réponse unique ne peut être donnée si facilement, il est à chacun de choisir s'il veut voir en Haruhi un Ialdabaoth et en Kyon, Sophia ou Jesus, ou si Haruhi représente plutôt une Sophia guidé par la main de Kyon. Le choix est à vous !